[PODCAST] A PR of IT #12 – Les nouveaux rôles de la créativité – interview de Sven Nijs

Les nouveaux rôles de la créativité

Au cours des derniers mois, j’ai été amené à reconsidérer le rôle de mon métier dans la société, la manière dont les Relations Publiques peuvent contribuer à l’évolution de notre société. Comment peuvent-elles aider à accompagner les nécessaires changements auxquels nous seront toutes et tous confrontés.

Si les notions de transparence, d’impact et de preuve me semblaient essentielles pour que les organisations puissent inspirer la confiance nécessaire auprès de leurs publics pour entamer de nouvelles démarches sociétales, la notion de la créativité permettant de rendre ses démarches intelligibles et attrayantes me semble aujourd’hui également impérative.

Cette prise de conscience n’est pas étrangère aux nombreuses discussions passionnantes que j’ai pu avoir avec Sven Nijs avec qui j’ai travaillé chez Voice.

Dans cet épisode, nous allons poursuivre à nouveau une discussion passionnante sur le rôle de la créativité dans notre société, son évolution au sein des agences et le besoin impératif d’intégrer la créativité dans des démarches de communications « CSR ».

Avec Sven, j’aborderai également une question qui me semble fondamentale dans l’évolution des agences de communication : la créativité est-elle l’affaire d’un homme/d’une femme ou est un processus collectif à mettre en place ?

Je remercie Sven pour son temps et toutes ces discussions passionnantes que nous avons pu avoir et que nous aurons encore, j’en suis sûr.

Bonne écoute.

Liens de l’épisode :

Pourquoi écouter des podcasts?

Les podcasts ont près de 15 ans et pourtant, autour de moi, tellement peu de gens en écoutent. Puisque j’ai l’impression qu’ils passent à côté d’une incroyable somme de connaissances, de divertissement, de sagesse, de bonnes infos, d’humour… aussi facilement disponibles et accessibles, je me suis dit que cela valait bien un petit post pour vous encourager à passer aux plaisirs de la baladodiffusion 😉

De plus, c’est l’été, vous avez a priori devant vous un peu plus de temps libre, probablement de longs trajets à agrémenter, des vaisselles colossales à faire et des séances de jogging à reprendre, voici un inventaire tout subjectif des raisons pour lesquelles vous devez vous mettre aux podcasts.

Attention, je parle ici en grande majorité de podcasts « natifs », c’est-à-dire qui ne sont pas associés à un grand-média, qui sont une émanation spontanée de passionnés. Une version audio du blogging en somme.

  1. Parce que c’est simple :
    • Vous avez un hobby, une passion, une marotte, il y a un podcast qui existe pour vous. Faites-le test : tapez « [votre passion] + podcast » dans Google et vous tomberez, j’en mets ma main à couper » sur un podcast (ok, peut-être en anglais…) qui vous botte. Sinon, surfez sur les annuaires comme Podcasteo ou Podmust pour découvrir des podcasts (francophones). 
  1. Parce qu’il existe de nouveaux outils de recommandations :
    • Je viens de découvrir Eeko-Podcast, c’est un site et une application qui sont à la fois un annuaire et une plateforme d’écoute de podcast. Vous adorez la fonction « Discover » de Spotify ?  Cette appli est faite pour vous. En remplissant un profil sur base de catégories thématiques, vous recevez des suggestions. J’y ai, pour ma part, découvert l’excellent Superception, un podcast sur la communication, le marketing et le management. 
  1. Pour apprendre un milliard de trucs
    • Pour peu que vous soyez un peu curieux.se, il n’y a vraiment qu’à se baisser pour trouver des contenus intéressants, qui si c’est votre truc vous permettront de briller en société. Il existe en effet des podcasts plus « généralistes », qui n’abordent pas de thématiques précises, si ce n’est celle d’apprendre. Je vous recommande Stuff You Should know (dont un épisode génial sur le dark side de Relations Publiques) et Culture 2000 qui aborde sous un angle assez historiques des sujets aussi varié que les guerres d’ex-Yougoslavie, la culture Rasta ou la radio. 
  1. Parce que le podcast est parfois là où on ne l’attend pas
    • Y a pas de mauvais sujets, que des bons traitements : voilà pourquoi vous pourrez comme moi vous passionner pour le quotidien de Justine, jeune fille de 11 ans qui raconte son passage à l’adolescence, avec « Entre ».  Je vous invite à vous pencher sur la malédiction des Kevin au travers de leurs témoignages via le podcast d’Anouk Perry. Enfin, pourquoi ne pas prendre un peu de temps pour redécouvrir– je cite – « cet espèce d’épouvantail de la chanson française qui a marqué tout un pays pour le meilleur ou pour le pire» avec Stokholm Sardou ? 
  1. Parce que cela fait passer les tâches ménagères plus vite
    • Une vaisselle kilométrique à terminer, des petits pois à écosser, vos placards à organiser ? Même pas peur ! Avec plaisir, même ! Du moment que j’ai quelques bons podcasts à déguster. J’ai même créé le hashtag #radiovaisselle lorsque je partage de bons podcasts sur Twitter.
  1. Parce que cela vous permet de rattraper des émissions de radio
    • C’est peut-être l’usage le plus évident et le plus connu. Mais en dehors des moments classiques de radio, le podcast est super pour rattraper des événements un peu historiques comme le parcours nos Diables rouges en Russie. Je ne vous cache pas que dans mon lieu de villégiature en France, j’étais bien heureux de ressentir un peu de cette émotion footo-patriotique par podcast interposé alors que je me tapais RMC ou TF1 pour suivre les matchs en mode hertzien …
  1. Parce que cela permet d’échanger avec votre famille, vos amis, vos collègues
    • Depuis toujours, on parle de ce qu’on lit, de ce qu’on écoute, de ce qu’on regarde. A fortiori lorsque c’est nouveau. Parler de vos découvertes podcastiques vous permettra probablement d’en découvrir de nouveaux via vos proches. Petite anecdote personnelle, nous avons fait découvrir « Entre » (mentionné plus haut) à nos filles de 10 et 8 ans, cela nous a permis de déclencher de sacrées discussions sur l’adolescence, les genres, les religions… 
  1. Parce que c’est là que ça se passe :
    • Du féminisme en passant de questions de masculinité ou le rôle des pères, de nombreux podcasts abordent des questions de société essentielles. Le fait que des citoyens s’emparent de problématiques sociétales me semble particulièrement réjouissant.
  1. Parce que cela vous connectera avec des passionnés
  1. Parce qu’il y en a de vachement drôles
    • Parce que ce qui est drôle pour l’un, ne l’est probablement pas pour d’autres, je vous livre quelques podcasts qui me font bien marrer même si ce ne sont pas spécialement des podcasts d’humoristes.
      • Riviera Détente 
        • Description de l’auteur : « Riviera Détente avec Henry Michel : vos membranes se dilatent. Des conversations, de l’improvisation et de la bonne humeur sous le soleil et dans l’insouciance. »
      • Les Fruits de la Station
        • Description de l’auteur : « Ritchie Bouze et Jean-Bierre Bernaut dialoguent, partagent, s’amusent et s’enivrent. Tout cela dans un environnement convivial et cosy. »
      • 2 heures de Perdues
        • Descriptions des auteurs : « 2 heures de perdues, c’est une bande de tocardos avec des micros qui s’enfilent chaque semaine des films de l’enfer juste pour te faire patienter dans les transports ou te faire marrer sur ton velo elliptique que t’assumes pas.

Voilà, j’espère vous avoir convaincus… Vous voulez vous y mettre et franchir le pas ? Je vous invite à faire le test Google : en tapant « [Votre Passion] + podcast » dans votre moteur de recherche préféré. Une autre option est d’aller jeter une oreille Podcastore, un podcast super sympa de recommandation de podcasts* que j’écoute depuis quelques mois et qui m’a permis de découvrir énormément de podcasts cités plus haut ;

Prochainement, je ferai un petit post décrivant de manière assez pratique : « comment écouter un podcast » ? Entre temps, vous pouvez également aller jeter une oreille à mon propre podcast dédié aux Relations Publiques et à la communication intitulé  » A PR of it ».

 

 

*Attention, depuis l’épisode #43 a changé de concept. Plutôt que de proposer des recommandations, les chroniqueurs proposent des concepts de podcasts qu’ils auraient envie d’entendre

 

[PODCAST] A PR of IT #11 – La Communication dans le Food – interview de Carlo de Pascale

Alors aujourd’hui un épisode consacré au domaine de la communication dans le food, la consommation, la gastronomie avec un invité qui m’est chef.

Antonin Archer de Nouvelle Ecole, un excellent podcast d’entretiens, l’avoue sans se cacher : son podcast est un prétexte pour rencontrer des personnes qu’il admire.

Aujourd’hui, je rejoins un peu Antonin en recevant une personnalité qui m’est chère dans le petit espace médiatique belge francophone. J’ai nommé Carle de Pascale. Ancien patron du Perbacco, un restaurant italien aujourd’hui disparu, Carlo de Pascale multiplie les casquettes : chroniqueur culinaire sur Bientôt à Table sur la Première avec Sophie Moens, dans On n’est Pas des Pigeons sur La Une ou encore dans So Soir avec la complicité de Florence Hainaut. En 2003, il lance Mmmmh au sein duquel il transmet sa passion et son savoir-faire culinaire à travers des cours qu’il donne un peu partout à Bruxelles. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la bonne chère.

Pourquoi cette affection pour ce monsieur que mon papa adore détester pour son discours parfois un peu vif et ses recommandations parfois un peu trop exotiques pour mon paternel qui ne jure que par le chou-fleur à la crème ?

En y réfléchissant, si Carlo me touche voire m’inspire, c’est parce qu’il réunit trois qualités essentielles chez un communicant qu’il ou elle soit journaliste, chroniqueur, attaché de presse ou brand manager.

  • Tout d’abord, son engagement, sa passion pour son métier et son domaine de prédilection : la bouffe, le bien-manger, l’excellence.
  • Ensuite, sa plume et sa gouille parfois acérées  procurent chez moi à chaque fois un vrai plaisir de radio ou de lecture. Chez moi, quelqu’un qui écrit bien me procure autant de plaisir qu’un bon solo de guitare.
  • Enfin, c’est son côté pédagogue qui cherche à transmettre le goût pour l’authenticité des produits et pour remettre en perspective les modes, les diktats qui n’arrêtent pas de traverser la sphère gastonomico-nutritionnelle.

Bref des qualités qui peuvent inspirer confiance, thème qui me tarabuste énormément ces temps-ci tant elle est mise à mal dans l’espace public et médiatique de nos jours.

Avec Carlo, j’ai voulu aborder le rôle de la confiance dans le domaine de la consommation et de la gastronomie. Comment les marques peuvent-elles inspirer confiance ? Quel est le rôle des commentateurs dans ce domaine, qu’ils ou elles soient journalistes, chroniqueurs ou bloggeurs ? Coutume oblige, je lui ai demandé ses recommandations pour de jeunes communicants qui voudraient évolue dans le domaine du food.

Dans cet épisode, on parlera de transparence, d’authenticité, de storytelling… Je retiendrai particulièrement le nécessité de rester fidèle à ses valeurs et de créer des relations de qualité sur le long terme.

Les liens de l’épisode

 

[PODCAST] A PR of IT #10 – Be Influence et le Nano-Influencer Marketing

Dans un contexte où macro- et micro-influenceurs sont en perte de crédibilité et où un nouveau changement dans l’algorithme de Facebook privilégie les « meaningful interactions »  en poussant les publications des proches (amis et famille), on peut penser que BeInfluence bénéficie d’un bon alignement des planètes pour lancer une plateforme de nano-influencer marketing.

Ajoutez à cela un contexte d’une génération de Millenials beaucoup sensibilisés aux problématiques sociétales et on obtient un terrain favorable pour un nouveau canal de promotion orienté « jeunes ».

Les nano-influenceurs, c’est vous, c’est moi, qui avons quelques centaines, peut-être quelques milliers de relations, principalement des amis, de la famille sur les réseaux sociaux.

Lancé fin 2017, BeInfluence – une jeune pousse bruxellois née sous l’aile de Solvay Business School de l’Université Libre de Bruxelles – est une plateforme en ligne qui permet aux marques et aux organisations d’entrer en contact avec des jeunes nano-ambassadeurs à qui l’on va proposer de relayer leurs campagnes.

Et cela semble fonctionner puisque les KPI’s de BeInfluence crèvent tous les plafonds en termes de taux de clic et de taux d’engagement.

Découvrez l’interview Boris Kaisin, co-fondateur de BeInfluence, qui promeut une nouvelle forme d’influencer marketing, avec une vision puisqu’il le dit lui-même : la vision de Beinfluence est de pouvoir donne aux jeunes un pouvoir d’impact sur la société et sur le monde.

 

[PODCAST] A PR of IT #9 – Interview de Stéphan Salberter

Dans nos métiers de communicants, c’est généralement l’actualité qui guide nos choix éditoriaux. Et d’actu mon invité n’en a pas manqué ces derniers temps, raison pour laquelle son choix s’est imposé naturellement.

J’accueille donc aujourd’hui Stéphan Salberter, qui après un impressionnant parcours à la tête de la commmunication corporate de grands noms de le finance, a récemment a fait coup sur coup parler de lui pour la création de son entreprise de consultance Kersel ;  avoir lancé Le 19, un centre d’autoformation au codage ; avoir rejoint Akkanto en tant que Senior Advisor ou encore pour sa collaboration avec le cercle d’affaires B19.

Il ne m’en fallait pas beaucoup plus pour lui proposer de passer une demi-heure à échanger sur le rôle des RP dans l’accompagnement du changement sociétal.

Avec lui, nous avons abordé l’importance de retourner au cœur des missions initiales des entreprises pour entamer cette transition. J’ai particulièrement apprécié sa façon de présenter la fonction de communication et de marketing à savoir :  donner à vos interlocuteurs les outils leur permettant de créer leurs propres histoires.

J’ai également profité de l’avoir sous la main pour lui demander au vu de son beau parcours dans la communication corporate quelles étaient les qualités et points d’améliorations de RP qu’ils avaient pu croiser.

Vous le remarquerez Stephan manie les cases, les références et les statistiques avec une aisance déconcertante.

Alors, je m’excuse d’emblée sur les bruits de foreuses qui ont quelque peu perturbé l’interview, rassurez-vous elles se tairont après quelques minutes.

Merci et bonne écoute !

Où trouver Stephan Salberter :

 

Références :

 

 

 

Un réseau européen de fact checkers citoyens, who’s in ?

Crédit visuel : arthobbit

Faisant suite au scandale Cambridge Analytica et ses péripéties, la Commissaire européenne à l’Economie numérique Mariya Gabriel a, ce jeudi, exhorté les réseaux sociaux à devenir « des acteurs responsables » et à élaborer un code de bonnes pratiques pour lutter contre la désinformation.
Elle a également fait écho aux conclusions d’un groupe de travail (dont de nombreux médias européens faisaient partie) qui s’est notamment penché les dangers de la désinformation. Ce dernier a évoqué la possibilité de créer un réseau indépendant de vérificateurs de faits.

Pour ce faire, d’après le communiqué, il se baserait sur un réseau européen déjà existant émanant de Poynter, une association professionnelle de journalistes ayant précisément établi son réseau de fact checkers ayant développé son code de bonne conduite.

Là où je trouve l’idée intéressante, je m’interroge également sur le fait d’institutionnaliser cette fonction de fact checking. En effet, selon moi, comme dans toutes problématiques sociétales : mobilité, gestion des déchets, égalités des chances,… l’implication citoyenne est un facteur de succès essentiel.

Dans la dernière enquête Eurobaromètre, 83 % des personnes interrogées déclaraient que les fausses informations représentaient un danger pour la démocratie. Ça fait un paquet de personnes qui pourraient se mobiliser pour être beaucoup plus actifs contre la désinformation.

Outre l’éducation aux médias et la stimulation de l’esprit critique qui revient systématiquement parmi les pistes permettant de lutter – certes sur le long terme – contre les fake news et la désinformation, il me semble intéressant de stimuler une forme d’activisme numérique chez les citoyens permettant de s’engager d’une part ne relayer que des informations doublement vérifiées et d’autre part dénoncer les contenus relevant de la désinformation.

Dans le dernier Trust Barometer d’Edelman, on pouvait observer un nouveau déclin dans la confiance des citoyens envers les institutions (les médias notamment). Par contre, les citoyens réaffirmaient leur confiance envers les individus (notamment les journalistes). Une tendance qui m’encourage à penser qu’il est important que nous puissions – entre citoyens –  identifier de manière un peu plus formelle des sources d’informations fiables.

Comment faire ? Très bonne question ? Revenir à une forme d’indice, type Klout qui permettrait d’identifier les personnes crédibles ? Un logo affiché sur votre photo de profil, genre « les fake news, non merci » démontrant son engagement ? Ou une forme de blockchain, qui permettrait de valider entre citoyens la fiabilité des contenu partagés ? On en voit bien émerger comme SteemIt qui viennent récompenser les émetteurs de contenus ayant partagé des contenus jugés les plus pertinents par la communauté ?

Un rôle pour les plateformes ?

Cet activisme citoyen doit-il se faire avec l’aide des plateformes ? Probablement, étant donné qu’elles font – et leurs modes de fonctionnement – ont fait partie de problème… Alors est-ce que de la même manière que Google favorise les contenus émanant de sources fiables, peut-être qu’une certaine forme d’élément de légitimité et de crédibilité pourrait être intégré dans les algorithmes des réseaux sociaux.

A lire également sur le sujet : ss’attaquer à la désinformation à l’ère des réseaux sociaux par Ricardo Gutierrez

 

 

[PODCAST] A PR of IT #8 – Comment mesurer l’impact des actions RP ? Les Barcelona Principles

Pour ce troisième épisode consacré à la mesure et à l’évaluation des actions de relations publiques et de communication, je voudrais vous proposer de parcourir avec vous 7 principes édictés par l’AMEC, l’association internationale de mesure et d’évaluation des actions de communication. Elle regroupe 160 entreprises  présentes dans 86 pays  actives  dans la Media evaluation et Media intelligence.  Que fait l’AMEC? Exactement ce que fait toute association professionnelle : se réunir, réfléchir aux enjeux de la profession, édicter des recommandations et standards de qualité. L’AMEC a d’ailleurs lancé récemment une campagne intitulée «  »Say no to AVE’s » une campagne internationale pour éradiquer le recours aux équivalences publicitaires pour évaluer les résultats d’actions RP.

 

Alors ces Barcelona Principles?
Ces 7 principes permettent de mettre des mots très simples et très clairs avec lesquels les actions de communication doivent être conçues, défendues, implémentés et évaluées.
En effet, que l’on soit actif en communication  en agence ou au sein d’une organisation, la définition de la façon dont les succès des actions de communication va être mesuré reste une étape cruciale du trajet communicationnel.
Je précise que ces principes ne sont pas uniquement valables pour les actions de relations publiques mais selon moi peuvent s’appliquer au réseaux sociaux, à la publicité, au digital marketing.
A noter qu’ une premier version des Barcelona Principles avait été édictée en 2010. Cette dernière a été révisée en 2015 notamment pour tenir compte des bouleversements causés par les réseaux sociaux à l’industrie des relations publiques et de la communication.
 Le Premier principe est élémentaire d’évidence : définir des objectifs et mettre en place un système de mesure sont fondamentales en communication et en relations publiques.
Pour être pris au sérieux comme n’importe quelle discipline business, la communication et les relations publiques doivent en adopter les usages. En flamand, on dit parfois « Meten is weten » qu’on pourrait traduire par mesurer, c’est savoir est un adage que l’on doit appliquer dès le départ d’une démarche communicationnel.
Définir des buts n’est pas aussi simple que cela. Il m’arrive parfois de poser la question suivante à mes clients : avec quels résultats seriez-vous content.e ? Selon la maturité de vos interlocuteurs, les réponses à ces questions pourront varier être des indicateurs de performances très quantitatifs (impressions, trafic généré sur le site web, taux d’engagement) voire très qualitatifs (reprise du message-clé, traitement de l’info par des médias-clés…).
Attention, avant de définir des objectifs, il est important de définir qui analysera les résultats de vos actions de communication. En effet, si l’on est CEO, marketing ou sales managers, on n’évalue pas les données de la même manière.
Travaillant en Agence RP, je dis parfois que je gagne ma vie en faisant dès rapport de mes actions, j’entends pas là que le rapport ou débriefing d’action RP est pour fois l’occasion de démontrer ma valeur ajoutée en démontrant les fruits de mon travail. Pour ce faire, utiliser les bons outils de mesure est essentiel. Il ne faut pas avoir peur d’iy nvestir jusqu’à 10 à 15% de votre budget. Ce que vous investirez en outil, vous le gagnerez en heures de travail et en motivation chez vos collègues plus juniors pour qui les travaux de reporting ne sont pas les plus motivants.  Rien n’est trop cher pour démontrer sa valeur et apprendre de vos actions passées. Les actions prochaines ne seront que plus efficaces et plus rentables
2. Mesurer les résultats de vos actions de communication est préférable à la mesure des impacts directs des actions de communication.
En clair, il est préférable de s’attarder à l’impact que vos actions peuvent avoir sur votre business que sur des critères tels que le nombre d’articles, le nombre d’impression, le nombre de fans, le nombre de likes… Ce que l’on appelle parfois les « Vanity Metrics » qui peuvent faire plaisir mais qui sont malheureusement éloignés du business. J’aime pour ma part beaucoup la classification faite par l’outil de monitoring en ligne Trendkite qui distingue trois types d’impacts d’actions RP.
1. Le Brand Impact, qui reprend des données telles que j’ai décris à l’instant qui contribue principalement à améliorer la notoriété, à la part de voix, au sentiment à propos de la marque
2. Le Digital Impact prend en compte l’impact de vos actions sur votre référencement, sur votre environnement social (likes, nombre de partage, nombre de followers,…) et enfin sur le trafic de votre site (volume, qualité du trafic généré, source de trafic,…).
3. Les conversions. Il peut s’agir de l’impact direct ou indirect sur les ventes mais pouvoir identifier la contribution des RP au trajet d’acquisition du consommateur est désormais fondamental. C’est pour cette raison que le recours à des solutions d’attribution comme Hubspot ou Trendkite peuvent considérablement faire passer notre métier dans une nouvelle ère.
En attendant d’investir dans ce type d’outils, vous pouvez anticiper vers ce type de démarche en intégrant la collecte d’adresses emails ou le captation de données pertinentes sur vos cibles.
3. Les effets sur la performance générale de l’entreprise peuvent et doivent être mesurés
Ce dernier principe est lié au précédent à savoir qu’il est aujourd’hui possible de traquer la contribution des actions de communication aux fonctionnement de l’entreprise. On pourra alors s’attarder à des notions comme l’attitude vis-à-vis de la marque, des intentions d’achats, des recommandations… Les RP ne se limitant pas aux relations presse, J’ajouterais qu’il est également envisageable de mesurer l’impact des actions de communication externe vis-à-vis d’autres stakeholders que les clients. En effet, des retombées médiatiques positives peuvent avoir un impact intéressant pour des employés, des investisseurs, des riverains… Cet impact-là peut et devrait être mesuré également.

4. Il est recommandé de recourir aux méthodes de mesure et d’évaluation tant quantitatives que qualitatives

Plus j’avance dans ma réflexion sur la mesure de l’impact des actions de communication plus je me dis que c’est en grattant sous la surface des résultats que l’on peut apprendre et enrichir sa pratique pour des actions futures. La deuxième version des Barcelona Principles est d’ailleurs une évolution dans ce sens : apprendre à optimiser ses actions. Alors que la première version s’attardait plutôt à comment mesurer le succès ou l’insuccès de ces actions.

Si l’on ne se réfère qu’à des données ou des méthodes quantitatives des actions de communication : nombre d’articles, d’impressions, etc. Certes, on peut prétendre à un succès ou à un échec, pour peut que l’on ait définit le succès en début de parcours… Mais au final, on n’apprend pas grand-chose. Par contre, si l’on identifie la manière dont le message a été reçu auprès du public cible grâce à des interviews, on peut probablement mieux interprétées la valeur de données quantitatives.

En termes de couverture média, il sera également intéressant d’évaluer la pertinence des médias ayant couvert votre histoire selon vos objectifs, d’identifier d’éventuels parties tierces pouvant venir renforcer (ou contredire) votre message.

5. Les équivalences média ne reflètent pas la valeur de la communication

On y est enfin ! Bien que largement utilisées (moi le premier), les équivalences publicitaires sont également décriées pour l’illusion de « retour sur investissement » qu’elles génèrent chez clients externes ou internes.

Ma position actuelle rejoint celle de l’AMEC : les relations presse ne doivent pas être mesurées à l’aune de budget publicitaires soi-disant épargnés. Ces deux formes de communication ne fonctionnent pas du tout de la même façon, n’ont pas les mêmes budgets, ne servent pas toujours les mêmes besoins et ne doivent pas donc pas être comparées.

Les défenseurs des équivalences publicitaires (les AVE’s pour les intimes) arguent qu’elles ont l’avantage de permettre de faire comprendre facilement les rapports RP aux décideurs des entreprises. Devons-nous encore jouer les Tartuffe en utilisant des données qui fournissent une illusion de valeur monétaire à une visibilité médiatique alors que d’autres données sont aujourd’hui disponibles pour attribuer la contribution de cette visibilité médiatique au business de l’organisation.

Pour ma part, je pense que les professionnels des RP font fausse route voire se tirent une balle dans le pied en présentant leur outil de travail sur le seul jour de la visiblité alors que les RP ont un potentiel de contribution au destin de l’entreprise bien plus grand. Un peu comme si aujourd’hui, on résumait un smartphone au seul fait de passer des coups de fil.

6. Les réseaux sociaux peuvent et doivent être mesurés systématiquement avec d’autres canaux médiatiques

Depuis que j’ai lu « The Cluetrain Manifesto », un des premiers ouvrages à décrire le potentiel pour les marques d’engager la conversation en ligne avec leurs clients, je suis convaincu que les réseaux sociaux sont un canal de relations publiques au sens large. Ce sixième principe définit donc qu’ils doivent être mesurés de façon intégrée avec d’autres canaux de communication. Un double-mouvement s’opère entre médias traditionnels et médias sociaux. Il est intéressant de voir que ce qui vit dans les médias classiques percole également sur Twitter, Facebook… et inversément. Mesurer l’impact d’une action de communication « traditionnelles » passe évidemment par une mesurer de l’impact que celle-ci a eu sur les réseaux sociaux. Si elle n’en a pas eu, posez-vous les bonnes questions.

7. L’évaluation et la mesure des résultats des actions doivent être transparente, systématique et valide

Ce dernier principe permet de faire la boucle avec le premier « fixer des buts et des objectifs ». S’il on se fixe des buts, encore faut-il prendre du temps pour les évaluer de façon régulière et donc systématique. Outre un accord sur les objectifs à atteindre, le client (interne ou externe) devrait également être impliqué dans le choix de la méthode utilisée pour mesurer les résultats (et s’il est convaincu que cela passe par des valeurs médias, soit…). Comme souvent dans une relation client, la proactivité dont vous pourrez faire preuve pour anticiper les réunions d’évaluation en dira long sur votre souci de transparence (et donc de confiance) surtout dans les moments difficiles.

Conclusions :

Certes le reporting peut être une partie fastidieuse du boulot mais si vous le prenez comme une opportunité de mieux connaître votre client, ses problématiques et surtout les personnes et groupes de personnes auquel il s’adresse, vous contribuerez à affirmer votre valeur ajoutée. On ne prend de bonnes décisions (et a fortiori) on ne fournit de bons conseils que sur bases de bonnes informations. C’est notre job de collecter les données disponibles qui feront de vous un ou une bon.ne conseillè.re. Le lien avec votre client n’en sera que plus fort et le sens que vous donnez à votre métier également et les résultats qui ressortiront de vos actions futurs plus impactants.

Alors, suivez ces quelques principes, dotez-vous de bons outils qui feront une partie du boulot à votre place et concentrez-vous sur votre métier : fournir des conseils à haute valeur ajoutée à vos clients.